Rétablissons notre démocratie, sinon “il ne restera plus au maire que le privilège de l’état civil et de l’écharpe”

Les maires de France démissionnent en masse : 55% de plus durant cette mandature par rapport à la précédente.

Pris en étau entre l’austérité imposée par Bruxelles (et relayée par le gouvernement) et une réorganisation des territoires sur laquelle les français n’ont pas été consultés, les maires sont au bord du burn-out. François Asselineau tire la sonnette d’alarme sur ce sujet (qui touche au cœur de notre démocratie) depuis des années.

Nous vous proposons la lecture de quelques extraits de cet excellent article du magazine Challenges :

C’est la refonte de la carte intercommunale en 2016, issue de la loi NOTRe, qui a suscité le plus de dissensions, les maires devant se plier à des fusions souvent coûteuses en temps et en énergie pour intégrer des intercommunalités de plus en plus grosses. “Il y a une concentration des pouvoirs au sein des intercommunalités et les maires ont le sentiment de devenir les exécutants de décisions prises ailleurs” […]

Gilbert Parmentier, maire démissionnaire des Aulneaux (Sarthe), a vu passer le périmètre de la communauté de communes à laquelle il appartient de 13.000 à 29.000 habitants et de 43 à 78 représentants. “C’est très usant, ça fait des réunions à rallonge, et les maires des petites communes sont souvent tournés en dérision quand ils prennent la parole face à des élus dont la politique est le métier”, assure cet ancien instituteur, pourtant “dans les conseils municipaux depuis 30 ans”. […]

“Les communes ne sont qu’une variable d’ajustement financière aux yeux de l’État”, critique l’ancien maire dont le village de 380 habitants a enregistré une baisse de 50% en cinq ans de sa dotation globale de fonctionnement (DGF) […] la DGF représentait 14,8% des recettes de fonctionnement des communes en 2017, contre 21% en 2013. […]

Du côté des administrés, les exigences n’ont pas diminué, au contraire. “Si un trottoir est un peu défoncé, il faudrait que le lendemain ce soit réparé”, se plaint Claude Descamps, maire démissionnaire de Prayssac (Lot). “Les gens veulent régulièrement vous faire des procès”, poursuit-il, ajoutant avoir été “à la limite du burn-out”.

Selon le baromètre 2018 du Cevipof, la confiance des Français envers leur maire a baissé de 9 points en un an. “Le niveau d’attente augmente d’autant plus qu’il y a un report de problèmes nationaux sur le local, comme la disparition des services publics”, observe Luc Rouban, qui s’inquiète d’une “crise des vocations” pour l’échéance de 2020.

En 2017, François Asselineau mettait en garde nos édiles sur ce qui se déroule maintenant :

Depuis déjà onze ans, l’UPR est le parti du Frexit.

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