Affaire Skripal : pour Alain Rodier, aucune preuve n’implique le Kremlin

L’ancien agent des services de renseignements français préfère rester prudent pour le moment. Nous devrions tous le rester. Dans un sens comme dans l’autre.

[…] aucune preuve recevable par un tribunal impliquant directement les autorités russes, et donc son président Vladimir Poutine, n’a été présentée à ce jour. Le poison, certes fabriqué du temps de l’URSS, a bien pu être dérobé lors de l’effondrement du Pacte de Varsovie, car de nombreux trafics ont alors eu lieu, impliquant des mafias locales et étrangères. De plus, la composition même de cet agent toxique a été diffusée dans les années passées par un chimiste russe réfugié aux États-Unis.

Quelle issue cette affaire pourrait-elle connaître, selon vous?
Comme souvent dans des affaires de ce genre, la vérité ne sera jamais connue en dehors de ceux qui l’ont organisée.
Mais l’époque actuelle fait qu’un jour, un des acteurs parlera peut-être. Sera-t-il cru ou non reste une autre histoire.

L’Otan a été impliquée dans l’affaire. Est-ce une tentative de faire pression sur la Russie ?
Bien évidemment.

La Russie a proposé d’apporter son aide à l’enquête menée par l’Angleterre pour cette affaire. Pourquoi Londres refuse-t-il?
Parce qu’il n’y a jamais eu de confiance entre Londres et Moscou. Cela dit, la Russie n’est pas une «blanche colombe». Poutine défend les intérêts de son peuple avec des moyens énergiques et sans état d’âme. Si l’on s’intéresse aux covert operations, il serait peut-être plus utile de se pencher sur son amitié démonstrative vis-à-vis du président tchétchène Ramzan Kadyrov qui ne semble pas particulièrement s’embarrasser de scrupules pour «rendre service» à Moscou.

Source : http://letemps-dz.com/?p=10544

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